lundi 23 janvier 2012

L’Âge de l’accès. La nouvelle culture du capitalisme Jeremy Rifkin

Pour Jeremy Rifkin, nous entrons dans une ère nouvelle, l’âge de l’accès. Les marchés laissent la place aux réseaux, les biens aux services, les vendeurs aux prestataires de services et les acheteurs aux utilisateurs. La notion d’accès se substitue à celle de propriété. Cette évolution s’accompagne d’une marchandisation des rapports humains et de la privatisation de la sphère culturelle. 
Commentaire critique
Les notions d’accès et de réseau prennent de plus en plus d’importance et sont en train de transformer la dynamique de nos sociétés, comme l’avaient fait les notions de propriété et de marché à l’aube de la modernité. 
Les produits se périment de plus en plus rapidement. Alors, à quoi bon s’endetter pour les acquérir alors qu’ils seront périmés lorsqu’on aura fini de les payer. Être abonné, adhérent, client devient aussi important qu’être propriétaire. 
"C’est de l’accès plus que de la propriété que dépendra désormais notre statut social." 
Alors que l’économie industrielle se caractérisait par l’accumulation de capital matériel, la nouvelle économie se fonde davantage sur des formes de pouvoir immatériel, des faisceaux d’informations et de connaissances. En témoignent la réduction des espaces de bureau, la disparition des stocks, le déclin de l’épargne et l’essor de l’endettement personnel. 
Ce qu’on vend, ce sont surtout des idées et des images et leur incarnation matérielle est de plus en plus secondaire. Nike est un parfait exemple de cette évolution. Les services occupent une part croissante de la consommation et les entreprises s’efforcent de transformer les objets de consommation en « supports » de toutes sortes d’améliorations potentielles et de services à valeur ajoutée, afin que les vendeurs puissent amorcer une relation de long terme avec le client bien plus lucrative que la vente de l’objet lui-même. On va même vers des produits gratuits pour des services payants (Microsoft offre ainsi son système de navigation sur la toile). 
Enfin, l’âge de l’accès se caractérise par une marchandisation croissante de l’intégralité de l’expérience humaine. Ce n’est plus la production mais le marketing qui occupe le devant de la scène et le contrôle du consommateur devient l’objectif premier de l’activité économique. 



« La transformation en marchandises des relations humaines est une entreprise pour le moins troublante. L’assignation d’une valeur marchande à la totalité de l’existence des individus dans le but de transformer l’intégralité de leurs expériences vécues en transactions commerciales représente en quelque sorte le stade suprême du capitalisme. » 


Le consommateur se trouve happé par un réseau dense de relations commerciales continues qui couvrent pratiquement les moindres aspects de son existence, et risque de tomber sous la coupe de forces économiques qu’il ne comprend plus guère et qu’il ne contrôle plus du tout. 
Dans la seconde partie de l’ouvrage, Jeremy Rifkin se concentre sur la privatisation de la sphère culturelle.
 « La postmodernité correspond à une nouvelle époque du capitalisme qui repose sur la transformation en marchandises du temps, de la culture et de l’expérience. »
 Les secteurs de pointe du futur reposeront sur la marchandisation de toute une gamme d’expériences culturelles. Les voyages, les parcs à thèmes, les villes-musées, les complexes de loisirs, la culture du corps, le cinéma, la télévision, les mondes virtuels du cyberespace et toutes sortes d’activités reposant sur les médias électroniques sont en train de devenir centraux dans cette ère nouvelle qui exploite l’accès aux expériences culturelles.
 « L’ère industrielle a vu la transformation du travail en marchandise ; aujourd’hui ce sont les activités de type ludique qui sont transformées en marchandises consommées sous forme d’activités récréatives payantes. »
 Le consommateur se demande de moins en moins quel objet il souhaite posséder et de plus en plus quelle expérience il souhaite vivre. Les centres commerciaux américains (les malls) ne sont plus seulement des endroits où l’on va acheter des biens, mais des lieux où l’on va acheter l’accès à toutes sortes d’expériences vécues.

 Le cyberespace « est le nouveau théâtre universel où votre ticket d’entrée vous donnera le droit de participer à la représentation comme s’il s’agissait de votre expérience réelle ». 
Cet empiètement de plus en plus important de la sphère marchande sur la sphère culturelle menace de détruire les fondements même de notre société. Elle menace la diversité culturelle car les intermédiaires culturels, les « passeurs », travaillent pour la plupart pour des multinationales américaines et japonaises dont les réseaux de communication et de distribution couvrent la planète entière. 


L’âge de l’accès favorise les jeunes qui sont à l’aise dans le monde du cyberespace et du commerce électronique et qui s’adaptent facilement aux univers simulés qui caractérisent la nouvelle économie culturelle. Au fossé des générations qui risque de se creuser, s’en ajoute un autre, économique et social, et encore plus grand : celui qui sépare les connectés des non-connectés. Mais il ne suffit pas de permettre à tout le monde de savoir se servir d’un ordinateur et d’être capable de se frayer une voie dans le cyberespace. La question la plus urgente est de retrouver « un équilibre écologique entre culture et marché », conclut Jeremy Rifkin. 


Extrait de la note de lecture rédigée par Micheline Rousselet, 
professeur de sciences économiques et sociale
Merci à Anne Battestini d'avoir partagé ce texte sur facebook

mardi 11 octobre 2011

Info, médias et réseaux sociaux


La journaliste Marine Deffrennes du  site Terrafemina.com m'a interviewée sur les métamorphoses de l'information et de son traitement par les réseaux sociaux. Voici une Storify de ce dossier réalisé dans le cadre de l'Observatoire sur les révolutions numériques en partenariat avec Orange.  

samedi 28 mai 2011

Le CSA interdit aux médias audiovisuels de nommer les réseaux sociaux sur leurs antennes.Une décision qui suscite des discussions sur Twitter



Modification 29/05/2011. J'ai rajouté la décision du CSA et le décret sur lequel elle a été prise.


samedi 14 mai 2011

Classement mondial des pays selon les TIC : "The great transformation"

Publié par le World Economic Forum, l'édition 2010-2011 du "Global Information Technology Report", a ajouté un volet d’analyse donnant un aperçu de l’impact des nouvelles technologies de communication sur les usages (individuels, professionnels, gouvernements, politique).

Le rapport explore les révolutions en cours dans la façon dont les individus vivent, travaillent interagissent et comprend 4 parties :
Partie 1 : Les conclusions de « The Networked Readiness Index2010–2011 (NRI) », les analyses et contributions des experts sur le thème des transformations 2.0
Partie 2 : Les études de cas d’un certain nombre de pays
Partie 3 : Profil détaillé des 138 pays analysés
Partie 4 des tableaux de données pour chacun des 71 critères composant le NRI avec classement, notes techniques et sources (la France est 20ème).

Des infographies interactives permettent une lecture facile des données et sont facilement exportables.


mardi 10 mai 2011

UrbanDive Monumenta 2011

UrbanDive, espace où le réel rencontre le virtuel, accueille les installations de Anish Kapoor dans le cadre de Monumenta 2011

jeudi 5 mai 2011

Tweet, Like, Check, don't Zap #socialTV

mardi 26 avril 2011

lundi 24 janvier 2011

Global Webindex Annual Report 2011

Welcome to Social Entertainment - Annual Report 2011

This data has been extracted from the GlobalWebIndex Wave 2 dataset (January 2010)and it is NOT dummy for demonstration purposes only.

samedi 22 janvier 2011

Le web Cosip...Déjà en 1998

Un peu grâce à Manon, je me suis replongée dans le rapport de Patrice Martin-Lallande "L'internet : un vrai défi pour la France", à la rédaction duquel j'ai collaboré en 1998. Franchement, 12 ans après, je n'ai pas à rougir des propositions qui avaient été faites (la partie "accès aux données publiques" par exemple me fait bien rigoler quand je pense au débat actuel). C'est la proposition de création d'une troisième section du COSIP qui m'a fait sursauter...

En juin dernier, Frédéric Mitterrand annonce que le "Web cosip" pourrait être mis en application le 1er janvier 2011. Bientôt donc.

Bon je n'ai pas relu le rapport en entier et il y aussi des passages...Comment dire...Avec des mots comme "Minitel", "Autoroutes de l'information"...


dimanche 2 janvier 2011

En 2011 les réseaux sociaux de géolocalisation seront sonores



Après Audioboo principalement implanté en Grande-Bretagne, le 20 décembre dernier, Broadcastr est lancé en version beta aux USA. Ces deux services de géolocalisation permettent aux utilisateurs de laisser des messages audio : commentaires sur les bars ou les restaurants, anecdotes sur les lieux fréquentés, petites histoires sur les sites touristiques ou...prendre des cours d'anglais.

En mobilité, le son en temps réel c'est intime, spontané, c'est comme la radio, c'est chaud, ça permet de passer devant un restau et d'entendre ses amis commenter en direct les plats, de vérifier si la musique est bonne avant d'entrer, de se passer de guide pour visiter une expo, bref la fonction "voix" trouve sa place dans les réseaux sociaux de géolocalisation.

Ces applications, associant son, réseau social et outils de partage, sont particulièrement bien adaptées aux radios pour y diffuser des infos de proximité à l'instar de Sky News Radio ou BBC.

Les stations locales de la BBC sont particulièrement actives sur Audioboo, elles fournissent des infos en temps réel sur la circulation, la météo, les transports, etc.


Ci-dessous une petite Storify pour en savoir plus sur Audioboo et Broadcastr




jeudi 2 décembre 2010

Pour avoir une vie sociale IRL, passez plus de temps sur les réseaux sociaux

C'est ce que révèle une étude de Opinion Way réalisée en novembre auprès d'un échantillon représentatif de la population française : 500 personnes âgées de 18 à 40 ans.

loisirs_consommationEtude-loisirs_frequence


samedi 27 novembre 2010

Lapsus, un mensuel qui sert à rien et c'est ça qui est bien


Lapsus, le mensuel, est absurde, il ne sert à rien : pas d'info, pas d'article de réflexion, aucune visée culturelle, pas de services. Rien. Comme le dit son éditrice Pauline Barzilaï, étudiante à l'ESAD, elle perd son temps chaque mois à le fabriquer pour des lecteurs qui vont perdre le leur à le lire. Pourtant il est génial, bourré d'humour et de dérision. Sur le principe du détournement, les textes et le pliage des pages donnent aux écrits et aux images un sens nouveau. Bouche, Dar, Pute, texte érotique créé à partir de Bouvard et Pécuchet est une petite merveille de finesse et de clins d'oeil.
A tout seigneur, tout honneur, le principe du journal est lui aussi détourné avec ses articles, ses rubriques, son éditorial, ses petites annonces : "Chère Titi73 quand j'ai dit "moche", je me suis trompé, je pensais "laide".", "Thierry je suis mariée rien n'est possible entre nous, rdv à l'hôtel comme d'habitude pour qu'on en parle."
Le premier numéro de novembre, tiré à 30 exemplaires, est épuisé. Celui de décembre sortira bientôt, il aura 3 pages et coûtera 3 euros.


mercredi 24 novembre 2010

L'impact de la recommandation sur l'info en ligne

CNN a réalisé une étude pour mesurer l'impact de la recommandation sur les contenus d'info. Sans trop de surprise les liens sont majoritairement partagés sur les médias sociaux au sein desquels Facebook affiche encore sa puissance :


Les terminaux mobiles jouent un rôle important dans le partage des contenus

Le partage de contenus en mobilité est élevée et révèle peut-être le caractère spontané du désir de partager les informations qu'on apprécie.


Impact sur l'engagement et l'audience

Confirmation de l'importance du lien personnel qui incite fortement à la consultation des contenus recommandés



25/11/2010. Actualisation : de l'importance du contexte dans l'info
J'ai posté ce billet à partir de l'étude CNN trouvée en effectuant des recherches sur les sites d'info. Ce matin, je découvre que ce sujet a été traité par Gilles Bruno sur son blog L'Observatoire des Médias. Il replace l'étude dans son contexte et évidemment ça permet d'interpréter plus finement les résultats. Je vous invite donc à lire son article : The Power of News and Recommendation : CNN veut plus de pub sur son site


samedi 13 novembre 2010

We All Want to Be Young (leg)

Pour comprendre les jeunes d'aujourd'hui, BOX1824, une agence de tendance brésilienne analyse les générations précédentes. Des "Baby Boomers" aux "millenials" en passant par la "Génération X", du Power flower aux Flashmobs et internet memes, le film esquisse le portrait des moins de 20 ans.

Posted via email from Mediamaispasque

jeudi 4 novembre 2010

Influencers [court] webdoc


INFLUENCERS FULL VERSION (FR) from R+I creative on Vimeo.

Comment et par qui les tendances se propagent. Nouvelles techno, réseaux sociaux, beaucoup ont [ou croient] avoir de l'influence sur la [micro] communauté qu'ils ont constitué sur Twitter, Facebook ou autres plates formes sociales. Mais pour être un vrai influenceur, c'est comme dans la vraie vie, il ne suffit pas de dire, il faut faire.
Influencers est un court webdoc, écrit et réalisé par Paul Rojanathara et Davis Johnson, Owners at R+I Creative & Founders at Brand RMX.

Crédit photo Barbara Kruger

La vie numérique du futur en deux vidéos

Media surfaces: Incidental Media from Dentsu London on Vimeo.

Dans le film l’accent est mis sur la connexion de n’importe quelles surfaces qui transmettent des messages, des informations issues d’amis, des réseaux sociaux, de sociétés, de médias, etc. Dans l’idéal ces surfaces seraient capables de diffuser les informations les plus pertinentes par rapport à une situation donnée.

Cette vidéo, produite dans le cadre d’un projet d’étudiants [University of Applied Arts, Vienna], transporte la Wii dans l’espace urbain qui se transforme virtuellement en cours de tennis ou terrain de golf. Pour jouer, faire du sport avec sa communauté virtuelle, on se passe d’écran et on bouge vraiment !